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SAINTE FAMILLE.

Dans le tableau que nous voyons ici, Léonard a exprimé une pensée neuve et singulière. Il a imaginé de peindre la Vierge soutenant son fils et assise elle-même sur les genoux de sa mère. L'artiste a voulu par là faire sentir que la Vierge, devenue mère, n'avait rien perdu de son innocence. Naïve et timide, la jeune Marie semble avoir à peine quitté le sein de sa mère; elle joue avec l'enfant Jésus, elle est en quelque sorte encore enfant elle-même.

La composition de ce tableau est, sans aucun doute, de Léonard, puisque Vasari rapporte que, lorsque le dessin en fut exposé à Florence, sa vue excita un enthousiasme général; mais quelques personnes ont cru que l'exécution de ce tableau ne devait pas être attribuée à ce peintre.

Ce tableau est peint sur bois; il a appartenu au cardinal Mazarin, et a été gravé par Jean Cantini, de Florence.

Haut., 5 pieds 1 pouce; larg., 3 pieds 6 pouces.

THE HOLY FAMILY.

In the picture we have before us, Da Vinci has rendered a novel and singular conception. He has drawn the Virgin nursing her Son, whilst she is herself seated on her mother's lap. By this, the artist has wished to impart, that the Virgin, although become a mother, had lost nothing of her primitive innocence. Ingenuous and timid, the young Mary seems to have scarcely left her own mother's fostering bosom : she is playing with the Infant Jesus, and is in a manner of speaking, a child herself.

There is no doubt of the composition of this picture being Da Vinci's, since Vasari relates, that when the drawing of it was exhibited at Florence, its appearance excited general enthusiasm but some persons have thought that the execution of the painting ought not to be attributed to that artist.

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This picture is painted on wood; it belonged to the cardinal Mazarine, and has been engraved by Giovanni Cantini, of Florence.

Height, 5 feet 4 inches; width, 3 feet 8 inches.

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LA CÈNE.

En représentant la Cène de Jésus-Christ avec ses Apôtres, Léonard a choisi le moment où le Sauveur leur apprend que l'un d'eux le trahira : chacun lui en témoigne sa surprise, et Judas répond précipitamment : « Serait-ce moi, Seigneur? »

On ne saurait trouver ailleurs une ordonnance plus simple, plus noble et plus belle, soit dans l'agencement des groupes, soit dans l'ensemble de la composition. La vivacité, la justesse et la convenance des expressions, décèlent une profonde étude du cœur humain. La variété des caractères de tête prouve qu'elles ont été étudiées d'après la nature.

Ce tableau est sublime, les peintres peuvent y puiser d'excellentes leçons: on y trouve la force réunie à la vérité et à la noblesse. La précision s'y montre sans sécheresse, et le fini des détails ne nuit en rien à l'effet général.

Ce tableau est peint à l'huile, sur le mur du réfectoire des dominicains de Milan, au dessus de la porte d'entrée. On assure que Louis XII, tandis qu'il possédait le duché de Milan, voulut le faire apporter en France; mais il fallait enlever le mur, et la difficulté de cette opération empêcha de l'entreprendre. L'humidité a causé depuis long-temps des dégradations considérables, qui ont nécessité des restaurations souvent maladroites. L'empereur Napoléon fit faire en mosaïque une copie de ce tableau: elle n'était pas encore terminée en 1815, et depuis elle fut transportée à Vienne.

Il existe une ancienne gravure de ce tableau, faite par Soutman, d'après un dessin de Rubens : Raphaël Morghen en a fait une très belle gravure d'après un dessin de Matteini.

Larg., 18 pieds; haut., 8 pieds.

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