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de Quebec; & qu'vne efcoiiade de quelques François & quelques Sauuages Chreftiens bien refolus, pourfuiuoient ceux qui l'auoient enleué: mais le rencontre des Iroquois, qui nous tenoient comme affiegés, leur fit changer de deffein. Dieu nous enuoioit ce renfort, qui releuant noftre courage, affoiblit autant le cœur de nos Ennemis.

Le lendemain vingt-quatriéme d'Aouft, ils fe répandirent vne autre fois dans nos petites campagnes, recommançans leurs degats, noftre canon les empefcha bien de s'approcher de trop prés, mais il n'arrefta point nos Hurons, [41] qui ayans vne paffion de fçauoir des nouuelles de leurs parens, & de leurs amis, pris autrefois en guerre, & deuenus Iroquois, s'approcherent doucement des Ennemis pour leur parler. S'eftans reconnus les vns les autres, la confiance fe gliffa petit à petit de part & d'autre, fi bien qu'en peu de temps, ce ne furent plus que conferences, & qu'entretiens d'Iroquois auec les Hurons: cela continua quelques iours en forte qu'on eut dit, que iamais on ne s'eftoit battu. Nous faifions bonne garde de noftre cofté, chacun demeurant en fon pofte, & fous les armes. Quelques Hurons du party Ennemy, fe vinrent rendre à nous. Comme on vid ces grands pourparlers, & qu'on ne doutoit point que les Ennemis ne cherchaffent l'occafion [42] de nous furprendre, il fut propofé en la maifon de Ville, fi on les tromperoit eux mefmes: mais il ne fut pas iugé à propos, pour plufieurs raifons.

Enfin on en vint iufques là, que les Ennemis s'approchoient de nous fans armes, ils nous firent mefme des prefens à diuerfes fois, proteftans qu'ils n'auoient plus d'amertume, ny de venin dedans le cœur. Vn tion, were in pursuit of his captors, but, meeting with the Iroquois,— who were holding us, as it were, besieged,—they were led to change their plan. God sent us this reinforcement, which raised our courage and depressed proportionately the spirits of our Enemies.

"On the next day, the twenty-fourth of August, they once more dispersed throughout our little fields and renewed their ravages. Our cannon prevented them from coming too near, but did not deter our Hurons, [41] who,—being eager to learn news of their relatives and friends who had formerly been taken in war, and had become Iroquois,— quietly approached the Enemy, in order to speak to them. When they had recognized one another, confidence spread little by little, on one side and the other, to such an extent that in a short time there was nothing to be seen but conferences and interviews between Iroquois and Hurons; and this continued for several days, so that one would have said there had never been any war between them. We kept careful guard on our side, each man remaining at his post, and under arms. Some Hurons of the Enemy's side came and gave themselves up to us. When these earnest parleys were noticed, and it was not doubted that the Enemy were seeking an opportunity [42] to surprise us, the question whether we should not practice deception upon them themselves was proposed in the Town house; but, for several reasons, this was deemed inadvisable.

"At last, matters reached the point that the Enemy approached us without arms, and even made us presents on several occasions,—protesting that they had no more bitterness or venom in their hearts. A Huron Iroquifé s'eftant gliffé parmy nos gens, emmena au camp Ennemy vne fienne fille, qu'il rencontra parmy nous, & luy & les Iroquois apprirent beaucoup de chofes de fa bouche, bonnes & mauuaifes. Elle leur dit, qu'il nous eftoit venu quelque fecours, qu'vne compagnie de Hurons auoit pris des Iroquois à Montreal, & qu'on attendoit de iour à autre, les victorieux, [43] & les vaincus. Cela fut caufe de leur retardement: car dans les prefens que nous nous eftions faits les vns aux autres, ils nous auoient donné parole, qu'ils s'en retourneroient bien-toft en leur pays, mais ils voulurent attendre le retour de ces Hurons, qui amenoient de leurs gens prifonniers. Dans cette treve ou attente, ils parlerent de rendre prifonniers pour prifonniers, ils promirent de ramener le Pere Poncet, & le François qui auoit efté pris auecluy.

Le trentiefme du mois d'Aouft, les Hurons retournans de Montreal, auec leurs prifonniers Iroquois Anniehronnons, tomberent non pas tous, mais en partie entre les mains des Ennemis qui les attendoieut. Nous dirons au Chapitre de la paix comme tout [44] fe paffa entre les Iroquois pris par les Hurons: il y auoit vn Capitaine de confideration, il parla fortement à fes compatriotes, qu'il trouua delia tous difpofés à la paix, pouffés par vn efprit plus fecret, que celuy qui anime les hommes.

Ils enuoyerent promptement deux canots en leur pays, pour empefcher qu'on ne fit aucun mal au Pere, & à fon compagnon, fi on les trouuoit encor en vie: & apres auoir renuoyé les Hurons en noftre fort, les principaux d'entre eux nous venoient vifiter, entrans & couchans en noftre Bourgade auec autant de témoiHuron who had turned Iroquois, stealthily slipping in among our people, carried off to the Enemy's camp a daughter of his, whom he found with us; and he and the Iroquois learned from her mouth many things, good and bad. She told them that assistance had come to us; that a company of Hurons had captured some Iroquois at Montreal, and that victors [43] and vanquished were daily expected. That was the reason of their delay; for in our interchange of presents, one side with the other, they had given us their word to go back soon to their own country, but said they wished to await the return of these Hurons, who were bringing some of their people prisoners. In this truce, or period of waiting, they spoke of returning prisoner for prisoner, and promised to bring back Father Poncet and the Frenchman who had been captured with him."

On the thirtieth of the month of August, the Hurons, returning from Montreal with their Anniehronnon Iroquois prisoners, fell — not all, but a part of them — into the hands of the Enemy, who were waiting for them. We shall relate in the Chapter on the peace how it all [44] came to pass among the Iroquois captured by the Hurons. Among these was a Captain of influence, who spoke in energetic terms to his compatriots, whom he found already universally in favor of peace, impelled by a more secret influence than that which actuates men.

They straightway despatched two canoes to their own country, to prevent any harm being done to the Father and his companion, if they should be found to be still alive; and, after sending back the Hurons to our fort, the chief men among them came to visit us, entering our Village and sleeping there with as gnage d'affeurance, que s'ils eulïent elté nos plus fideles, & plus conftans amis. Bref ils nous ont laiffé quatre ou cinq de leurs gens en oftage, proteftans qu'ils rameneroient [45] le Pere dans peu de iours, & qu'ils viendroient traiter la paix auec nous, mais vne paix veritable & du fond du cœur: voila vn abregé de deux lettres venues des Trois Riuieres, où ces chofes fufdites fe font paflées, ce qui fuit eft tiré d'vne troifiéme qui a efté efcrite par vn Pere de noftre Compagnie.

Nous attendons de iour à autre le refultat d'vn Confeil, ou d'vne affemblée generale, que tiennent nos Ennemis en leur pays, fur la propofition de la paix qu'ils nous ont faite eux-mefmes, apres mille adtes d'hoftilité, & mille efforts de prendre noftre Bourgade des Trois Riuieres. Ils ont efté fidèles dans la treve de quarante iours, qu'ils nous auoient accordées: car ils n'ont point paru du tout pendant ce temps-là, & [46] nous auons marché fur terre, & vogué fur les eaux, fans aucun mauuais rencontre. I'adjoufteray pour conclufion de ce Chapitre, que les Onnontaeronnons defcendans à Quebec pour traiter de la paix, les Anniehronnons, dont nous venons de parler, deleguerent quelques-vns d'entr'eux pour entrer dans ce mefme traité, comme il fera remarqué dans le Chapitre de la paix.

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